Présentation du premier Plan wallon de lutte contre la pauvreté

 

Présentation du premier Plan wallon de lutte contre la pauvreté

 Ce jeudi 10 septembre, le Gouvernement wallon a adopté son premier plan transversal de lutte contre la pauvreté, élaboré à l’initiative et sous la coordination du Ministre-Président Paul Magnette. Ce programme a été établi en partenariat avec les acteurs, associatifs et publics, de la lutte contre la pauvreté. Il implique l’ensemble des membres du Gouvernement et complète les dispositifs existants.

 Un des objectifs du Gouvernement est de renforcer, dans ses compétences, les leviers qui ont un effet direct sur les situations de pauvreté. « La fixation des revenus est une compétence fédérale. Nous ne pouvons pas, par exemple, indexer les salaires ou les allocations sociales. Par contre, nous pouvons agir sur certains postes de dépenses des personnes précarisées » précise le Ministre-Président wallon.

 Le plan s’articule autour d’axes thématiques. Il se base sur l’indicateur européen de « déprivation matérielle ». Cet indicateur mesure la pauvreté selon le nombre de situations de la vie courante auxquelles une personne ne peut faire face. Il s’agit, par exemple, de ne pas pouvoir affronter des dépenses imprévues, ne pas manger un repas contenant des protéines tous les deux jours ou ne pas chauffer correctement son logement. Cette approche permet de définir des actions très concrètes.

Dans cette logique, les axes d’actions retenus sont le logement, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la santé, les politiques familiales, la mobilité, le loisir et le numérique. Dans chaque axe, le Gouvernement a identifié, en concertation avec les acteurs de terrain, un programme d’actions à réaliser dans différents délais.

Face aux difficultés de logement par exemple, le programme prévoit - notamment - la création du Fonds régional de garanties locatives qui permettra l’étalement du versement de la caution, l’établissement d’une grille indicative de référence des loyers pour inciter à la modération des loyers, la mise en place de « contrôles mystères » pour lutter contre les discriminations ou encore la réforme des attributions des logements publics pour garantir des logements pour les ménages en grande précarité. Autre exemple, face au problème du coût de l’énergie, le Gouvernement répond par l’augmentation des investissements énergétiques, la réforme des prêts à taux zéro, la tarification progressive de l’énergie, l’élargissement de la notion de «client protégé » ou la promotion du plan de paiement raisonnable. L’objectif est chaque fois d’apporter des réponses tangibles aux difficultés que rencontrent les personnes en situation de précarité.

Citons aussi, dans les autres axes, le développement de maisons médicales dans les zones défavorisées, le contrôle des tarifs dans les structures de soins, d’accueil et d’hébergement, l’amélioration de l’accès aux services d’aides familiales et de gardes d’enfants malades, le soutien aux épiceries sociales, le développement des taxis collectifs, les auto-écoles solidaires, les formations aux Tics et les espaces publics numériques,… La note jointe au dossier de presse contient tous les détails du plan, de même qu’un document reprenant des exemples concrets pour les illustrer.

Cette initiative du Gouvernement ne part pas de rien. Depuis de nombreuses années, la lutte contre la pauvreté fait partie intégrante des politiques wallonnes. Différents dispositifs visent des publics cibles, identifiés au fil du temps : les sans-abris, les personnes en rupture sociale, les personnes surendettées dans les services de médiation de dettes ou encore les résidents permanents dans les infrastructures touristiques relevant du Plan « Habitat permanent ». Ces dispositifs ont vocation à évoluer parallèlement au nouveau dispositif, conformément à la Déclaration de Politique Régionale.

Enfin, ajoutons que ce programme fera l’objet d’une évaluation indépendante par l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) qui privilégiera une approche comparative par « groupe de contrôle ». Un groupe de bénéficiaires sera comparé avec un autre groupe de non-bénéficiaires. Cette approche permettra de mieux apprécier les effets des dispositifs et de comprendre plus précisément l’impact des mesures du Plan sur les processus et les conditions de précarisation. 

 

Liens vers les documents utiles:

> Plan complet

> Synthèse